Uplust : l'Instagram du porno ?

Introduction

Depuis Michel Foucault et son Histoire de la sexualité (1976-1984), les humanités et sciences sociales entretiennent avec le sexe des rapports étroits et qui durent. Le corps était devenu un objet à part entière de la sociologie française depuis l'article séminal de Luc Boltanski sur "Les usages sociaux du corps" en 1971. Mais il faut noter que les Gender Studies, en particulier anglo-saxonnes, ont grandement contribué à problématiser la question de l'hétéronormativité et de la fluidité entre les différentes idéntités sexuelles, avec par exemple Trouble dans le genre de Judith Butler. Enfin, il ne faut pas négliger la contribution importante de l'anthropologie, en particulier française, dans l'explicitation de toutes ces questions en termes d'"échanges économico-sexuels" avec l'analyse de l'échange matrimonial dans Les Structures élémentaires de la parenté de Claude Levi-Strauss ou encore au prisme de la "domination masculine" avec le travail de Maurice Godelier sur différents mythes et rituels chez les Baruyas.

Tous ces travaux montrent que nous n'entrons pas dans une totale terra incognita en décidant de nous confronter à la pornographie. Ce sont des études reconnues et qui ont fait date et dans lesquelles s'inscrivent à maints égards le mouvement vigoureux des Porn Studies, champ de recherches dédiée à l'étude de la pornographie sous toutes ses coutures.

Ce domaine émergent des sciences sociales, marqué par une forte interdisciplinarité, a été médiatisé récemment par la création d'une revue éponyme en 2014. Cette évènement relayé par de nombreux articles de presse dans Les Inrocks ou encore dans The Guardian s'est d'ailleurs accompagné d'une controverse sur l'opportunité d'en faire un objet à part entière pour les sciences sociales. Comme en atteste l'article du Guardian, on parle même de Porn Wars pour désigner cette dispute notamment organisée autour de l'argument selon lequel étudier quelque chose serait cautionner. En cela, nous sommes plongés dans des débats autour du féminisme anti-pornographie et de l'exploitation des corps féminins qui trouvent notamment une généalogie intellectuelle dans les études précédemment citées.

Notre étude, loin d'avoir l'ambition de se réclamer d'une école de pensée spécifique, souhaite apporter une contribution originale sur la pornographie éclairée par la socio-économie des médias sociaux. Comment ? Nous éloignant des considérations purement critiques et de la discussion politique, par ailleurs fortement intéressante, les enseignements sur les travaux se réclamant de cette étiquette nous ont conduit à enquêter sur le réseau social Uplust pour éclairer de façon pragmatique ce qui est aujourd'hui un champ de bataille épistémologique. Pour conduire cette enquête, nous nous armons de deux grandes intuitions récoltées au cours du semestre passé avec Messieurs Beuscart et Mellet. Premièrement qu'un réseau social ne saurait être analysé à la seule lumière de l'analyse économique classique en termes de rentabilité et d'efficacité économique. Deuxièmement, loin de céder au cynisme ou à un trop grand sociologisme, une attention particulière à la médiation que forme Uplust nous conduit à considérer ce réseau social comme un acteur transformant les formats de l'information et les modalités de socialisation des individus impliqués tout autant qu'un reconfigurateur des interactions entre l'offre et la demande sur ce marché que représente la pornographie.

Historique

Uplust est né Pornostagram en 2013. Relayée par le magazine en ligne français dédié à la culture pornographique Le Tag Parfait avec une interview en compagnie de son créateur Quentin Lechémia, entrepreneur du web (par ailleurs investi dans une start-up "Big Data" comme My Band Market), Pornostagram s'annonce d'emblée comme "l'Instagram du X. C'est un réseau social où chaque personne qui souhaite poster des photos coquines, porno ou érotiques, peut le faire."


Sa valeur ajoutée, dès le départ : "C'est le même principe qu'Instagram mais sans la censure."

Plusieurs enjeux classiques des médias sociaux émergent au moment de la création de la plateforme et préoccupent son créateur : quel business model ? Comment capter le marché ? Quel public ? Quelle interface ? Comment convaincre ?

Nous reviendrons sur ces différents enjeux au fil de notre texte.

Un premier évènement va cependant marquer la jeune histoire de cet opérateur et mérite d'être mis en lumière : le changement de nom, Pornostagram devient Uplust.

Ce changement identitaire, loin d'un signe de faiblesse annonceur d'une déchéance, va marquer le début de son décollage et son installation dans le paysage du web pornographique.

Cette épreuve fut dictée par la nécessité d'"éviter les soucis de copyright" avec Instagram. L'article du Tag Parfait relayant l'information nous apprend également que la conduite de ce changement fut menée dans un esprit démocratique pour le moins inédit dans le monde pornographique avec une consultation sur le changement de nom. 73,8% des membres du site ont ainsi préféré "Uplust" à "Hurrycam".

"Est réel ce qui résiste dans l'épreuve." Bruno Latour, Pasteur : Guerre et Paix de Micobres suivi de Irréudctions, 1984

Comme annoncé précédemment, loin de freiner son ascension ou de signer son arrêt de mort, cette métamorphose identitaire transforme les perspectives du réseau social.

Un an après le changement de nom, le fondateur s'exprime :


"Tout de suite on a vu une petite baisse de trafic puis on a vu une grosse remontée car les Etats-Unis se sont réveillés. En fait, la racine latine de « porno » n’arrangeait pas du tout les US, ils tapaient Pornstagram.com et tombaient sur un vieux site moisi et ils dégageaient. Uplust ça leur parle directement : un mélange de « upload » et « lust ».

Maintenant on est à 80 % américain [Amérique du Nord et du Sud, ndlr]. On a une très grosse communauté colombienne, brésilienne et mexicaine."

Le Tag Parfait, 18 septembre 2015


Ce qui est d'autant plus intéressant avec l'interview réalisée avec Le Tag Parfait, c'est qu'elle est organisée à l'occasion du dernier évènement marquant de la courte histoire de Uplust : l'entrée au capital de Marc Dorcel. Société de production historique de l'industrie pornographique française depuis 1979, elle est aujourd'hui ancrée dans l'imaginaire populaire. Ce partenariat économique matérialisé par une levée de fonds finit de placer Uplust comme une start-up dynamique et prometteuse.

Vision concurrentielle

Concurrentielle ? Pas vraiment. Uplust fait office d'OVNI sans concurrence directe.

D'un côté, il ne concurrence aucun réseau social classique. D'un autre, aucune autre plateforme n'existe véritablement sur ce marché. Finalement c'est surtout contre les autres mastodontes de l'industrie du porno qu'Uplust fait face. Contre les youporn, xvideos pour les sites classiques et chaturbate où les nouveaux médias proposant des Camgirls.

A mi-chemin entre le porno, Instagram et Vine, Uplust décomplexe totalement la mise en image du corps et dénote avec la censure présente sur les plateformes sociales mainstream. Facebook et Instagram ont des politiques très strictes à ce sujet. Ainsi, Facebook censurait la photo d'une femme allaitant ces bébés pour des raisons de "pudeur". Uplust dénote ainsi grandement et propose une vision très libre du web. Une vision qui va autant à l'encontre des politiques actuelles visant à cacher corps et formes, à cacher sexe et sexualité que des sites tenant de l'Industrie du sexe réduisant le sexe à des catégories. D'un côté l'extrême industrialisation, de l'autre des réseaux pseudo-pudiques, Uplust se trouve alors à la croisée de ces deux chemins en essayant de proposer à la fois une pratique tenant du loisir (et du plaisir) tout en motivant une monétisation de ces pratiques et des codes propres aux sites pornographiques de référence. 

Pour autant, quelle place occupe Uplust dans ce paysage concurrentiel du corps ? Il est bien difficile de proposer un benchmark concurrentiel pertinent. Le comparer aux sites de vidéos pornographiques ? Une comparaison aussi peu pertinente tellement ces derniers affichent des scores de visites aussi hallucinants que déroutants. D'un autre les sites de Camgirl, internationales et en pleine expansion semblent des concurrents plus proches et réalistes. Ou encore les sites français pornographiques et "amateurs" pourraient faire des concurrents intéressants.

Mais on peut voir dans le google trends qui suit, qu'Uplust reste encore bien minoritaire et beaucoup moins recherché que des sites importants et bien loin des mastodontes de l'industrie pornographique et amateur. 

Qu'en est-il de Pinsex et Fuckbook qui seraient finalement les deux principaux concurrents ? Chacun se réclamant être là copie "sex" d'un réseau social classique. Pinsex serait le Pinterest du porn, Fuckboock, le Facebook sur sexe. Fuckbook misant alors sur "l'entrée en relation" et Pinsex sur le partage de photo. Comme le montre le Google Trends qui suit, Uplust se trouve au milieu. Plus en réussite que Pinsex qui après un petit buzz est retombé rapidement. Fuckbook en revanche semblait tirer son épingle du jeu. Pendant longtemps la fréquentation du site est restée importante mais depuis 2014 celle-ci ne fait que diminuer. 

Vision concurrentielle ? Oui et non. L'offre de contenu pornographique est tellement large que toute plateforme pourrait être une forme de concurrence. Et à la fois, rien n'est vraiment concurrence puisqu'Uplust propose un modèle innovant d'Instagram du porno. 

Business Model

Lancée en 2013 sous le nom de "pornostagram", le réseau social "amateur le plus sexy" ou "l'instagram du porno" n'avait jusqu'en 2015 dégagé encore aucun euro. Uplust, qui a vu arriver Dorcel dans son capital en 2015, se développe dans une logique de start-up comme l'énonce son créateur, Quentin Lemechia dans une interview pour Le Tag Parfait : "ne pas mettre de publicité mais plutôt réfléchir à des offres premiums qui sont plus adaptées à une consommation dans l’adulte".

Pas de publicité, ni à l'ouverture du site, ni dans la timeline, ni sur les côtés ou en bannières. Ainsi depuis fin 2015, Uplust propose un nouveau média : la vidéo et a lancé une offre premium qui consiste à limiter l'accès à certains contenus et surtout à certaines vidéos. Pour le moment, la plateforme s'appuie exclusivement sur la monnaie virtuelle présente sur le site : le Lust. Outre ces Lusts, Uplust ne propose aucune forme d'abonnement particulier et une très grosse partie du contenu est gratuit et accessible à tous sans inscription. Celle-ci est gratuite et outre la possibilité d'acheter des Lusts et de se créer un profil, le contenu reste le même que pour un internaute ne s'étant pas inscrit.

Ces Lust s'achètent par pack. Le site propose à ce jour quatre packs :

100 Lusts pour 9,99$ / 1 lust = 10 centimes

200 Lusts pour 18,99$ (5% de bonus) / 1 lust = 95 centimes

500 Lusts pour 43,99$ (12% de bonus) / 1 lust = 9 centimes

1 000 Lusts pour 84,99$ (15% de bonus) / 1 lust = 85 centimes

Ainsi, plus le client achète un nombre important de Lusts d'un coup plus le "bonus" est important. Le pack de 500 Lusts est présélectionné et mis en avant. 

Pourquoi acheter des Lusts alors qu'une grande partie du contenu est gratuit ? Cette monnaie virtuelle est nécessaire pour réaliser plusieurs actions sur le site :

Pour débloquer du contenu payant (premium). Difficile de savoir pourquoi telle vidéo est payante et une autre gratuite...

Pour envoyer des "cadeaux" ou entrer en contact avec d'autre internautes : ainsi pour discuter avec certains internautes il faut lui "envoyer des Lusts" pour "Attirer son attention".

Pour acheter du contenu dans la boutique : filtres et outils d'éditions.

Pour transformer ses Lusts en monnaie réelle.

Cette dernière pose ainsi une question inhérente à l'industrie pornographique et sa digitalisation : la marchandisation du corps. Outre l'aspect loisir et passionné que l'on peut retrouver pour une partie des internautes. Pour l'autre, Uplust encourage la monétisation de l'activité. Publier, échanger et accéder à certaines demandes particulières comme des "dédipic" (des photos personnalisées) ou encore des show privés. Une marchandisation du corps qui, ici, semble être le pilier le plus porteur d'un Business model encore fragile. Les filtres et outils d'éditions, malgré leur utilités semblent surtout destiné à ceux visant une forme de professionnalisation. Ainsi avec les contenus payants, l'interaction à double sens entre monnaie réelle et Lusts rend compte d'un modèle se rapprochant du business des live chat.

Par ailleurs, une vidéo payante peut couter entre 5 lusts et 50 lusts ! Imaginons un internaute prenant le pack à 43,99$. Une vidéo à 50 lusts lui couterait 4,50$ environ. 500 lusts peut ainsi représenter une vingtaine voir une trentaine de vidéos dont on ne connait ni la durée (qui doit rester relativement courte), ni le contenu. Aucune "preview" n'est disponible. Ainsi c'est un achat qui se fait littéralement à l'aveugle.

Est-ce cher ou non ? Encore une fois, il est bien difficile de le dire. Un abonnement mensuel à Brazzers ou Jacquie et Michel coute dans les 30$/€ (soit 360$/€ l'année !) pour un accès illimité au contenu. Pornhub de son côté propose une offre tout compris à 9,99$.

Mais il est évident qu'Uplust n'est pas du tout sur le même segment que ces derniers, en tout cas pour le moment. Mais le site tend à (essayer) de proposer de plus en plus de vidéos et donc de contenu premium. 

Uplust reprend et se rapproche plus d'un modèle à la LiveJasmin sous forme de jetons/crédits, les lusts s'apparentant à une forme de crédits. Les internautes les achèteraient selon leur besoin. Le modèle est donc sans engagement et laisse une certaine liberté à l'internaute pour dépenser ses lusts. Une fois ses crédits à zéro, libre à lui de l'approvisionner ou non. Pour le moment Uplust ne compte pas sur une fidélisation de ses consommateurs. Le site se concentre plutôt sur le renforcement des internautes qui postent des contenus en leur permettant d'y trouver financièrement leur compte.

En ressort alors un modèle économique qui semble tout de même instable malgré les revenues générés par les contenus pornographiques sur le web. Un modèle qui est dépendant de la présence sans cesse de nouveau contenu pour motiver l'achat. En moyenne c'est une quinzaine de vidéo qui chaque jour est ajoutée dont 1/3 est en accès premium...suffisant pour maintenir un modèle économique viable ? Pas certain surtout dans un secteur ultra concurrentiel. Un secteur où le gratuit est massivement développé et propose des milliers de nouveaux contenus chaque jour. Uplust semble se diriger vers du contenu pornographique, soit un chemin déjà bien rempli sachant que pour le moment...les vidéos proposées ne dépassent pas les 20 secondes. Un contenu bien "court" comparé à la gratuité de certaines plateformes. Mais surtout, au delà du Business Model, c'est aussi la cible qu'Uplust entend viser qui reste flou. Car outre être un "réseau social du porno", Uplust pourrait de plus en plus ressembler à celui à qui on le compare : Instagram. Ni plus, ni moins qu'une vitrine où les stars et les mastodontes pourraient se mettre en scène.

Gageons tout de même que jusque là Uplust a réussi a se faire une place dans le paysage tout en bougeant les codes des médias sociaux classiques. Même si le buzz autour du site et de l'entrée de Marc Dorcel à fait son chemin, la fréquentation de la plateforme augmente doucement mais augmente. Gageons aussi que le côté innovant et provocateur de la plateforme lui donnera ce côté "borderline" qui peut attirer les internautes tout en se tenant à la marge de l'industrie classique. Dans le même temps, Uplust pourrait être un artisan d'une reconfiguration de l'interaction offre/demande. Autant que LiveJasmin ou Chaturbate où "producteur" de contenu et consommateurs seraient directement en relation. Une direction qui pourrait aboutir à un "détabouisation" de tout un secteur.

Pour le moment...Uplust doit surtout renforcer un Business Model encore trop dépendant de l'apport de nouveau contenu attrayant. Car sans publicité, le nerf de la guerre se trouve dans le contenu mais aussi dans les possibilités d'interactions et d'inventivités ainsi que par son côté bienveillant et léger. Le contenu, Youporn et consorts l'ont, l'interaction et la liberté d'innover, c'est Uplust qui l'a ! Et...comme le montre Twitter, générer des revenus n'est au final que secondaire, tant que les utilisateurs et internautes sont là, une plateforme a de l'avenir. 

Design & Interface

Et si l'avenir de la plateforme passe par l'expérience que les utilisateurs vivent en étant dessus (ou dedans), une discipline s'est développée autour d'une réflexion sur l'utilisateur : c'est ce qui est souvent regroupée de façon générique sous l'étiquette UX/UI pour User Experience/User Interface.

Partant d'une réflexion sur ce que peut récouvrir l'espace d'une telle discipline désormais adoptée comme métier par de nombreux médias sociaux, il peut être intéressant de faire un pas de côté pour explorer ce qu'une analyse quasi-sémiotique de la page d'accueil peut nous dire de la plateforme.

La page d'accueil d'Uplust vue depuis un navigateur Internet recèle de nombreuses informations.

On y rencontre en haut la classique search bar pour y "Rechercher des utilisateurs ou des tags". L'utilisateur lambda peut donc venir avec ses propres désirs (en cherchant par tag) et l'utilisateur régulier peut retrouver ses profils favoris à portée de main.

A l'entrée, il est possible de se connecter en tant qu'utilisateur inscrit ou alors, en tant qu'invité, la possibilité nous est offerte d'emblée d'appartenir à un cercle potentiellement restreint en s'inscrivant.

Légèrement en-dessous, des hashtags nous sont proposés. Nouvel utilisateur, par ailleurs familier des réseaux sociaux plus classiques, comme Instagram ou Twitter, ne serait pas dépaysé par ce langage désormais commun. Une diversité de 9 hashtags est proposée annonçant la pluralité existante dans le réseau, il est possible de s'écarter de ces recommandations pour "plus de hashtags".

Au-delà de cette lecture linéaire de la page, la première chose qui frappe, certainement, ce sont les deux images non-équivoques. Elles sont tirées des posts "les plus populaires". Une possibilité est offerte : ne voir que les vidéos. Cette option souligne, en creux, une exigence certainement présente chez les consommateurs. Une probable préférence pour les vidéos.

 Au-delà de l'option de ne voir que les vidéos, il est possible d'affiner ce que "je veux voir". En cliquant l'utilisateur est une nouvelle fois accompagné.

Une catégorisation plus fine est proposée par sexe, par type de compte, certifié ou non, et nous sommes une nouvelle fois invités à approcher les différents niveaux de profondeur et de qualité du site selon le statut premium ou non.

Si un filtre avec une métrique de popularité nous accueille, il est possible sur la gauche, à l'instar d'autre médias sociaux véhicules de contenus photos ou vidéos, de demander les vidéos "les plus vues", selon une métrique d'audience donc, ou encore "les plus récentes".

Est portée à notre connaissance quelques caractéristiques du site comme l'existence d'une boutique ou de challenges.

A droite de l'écran, des comptes à suivre nous sont proposés. Ces comptes sont marqués par la présence du signe de certification, expliqué au-dessus. Cette proposition particulière fait état de l'existence d'un suivi du côté de la plateforme et d'une certaine forme de curation.

Le centre de l'écran dominé par les deux photos les plus populaires du jour (il est possible de décliner la popularité selon d'autres chronologies comme la semaine, le mois ou l'année) "met dans l'ambiance" et confirme s'il était nécessaire l'avertissement à l'entrée du site.

Ces photos sont présentés comme, issues d'un profil personnel et avec la date du post, clairement à la manière d'Instagram.

Sur cette question du design, de l'interface et de l'expérience utilisateur, la seule différence semble être le contenu. Le modèle, de ce point de vue, quant à lui, reprend un grand nombre de codes déjà éprouvés. Si Uplust transforme les formats de l'information pornographique il ne le fait donc pas totalement dans l'inconnu mais en mobilisant des astuces bien instituées.

L'expérience singulière d'Uplust et ce qu'elle recouvre doit donc être élargiée au-delà de ce qui est entendu dans l'UX pour bien la comprendre. C'est vers les témoignages et les humains que nous nous tournons naturellement...

Utilisateurs & Expériences

Pornographique ou non ? Amateurs ou professionnels ?

Que fait-on sur Uplust ? Qu'est ce que l'on peut y trouver ? Nous nous intéresserons ici aux pratiques des internautes qui publient photos et vidéos. Par l'intermédiaire de portraits publiés sur le site Le Tag Parfait mais aussi par notre propre navigation nous essayerons d'exposer le plus précisément possible les usages qu'Uplust accueille. Le versant, tout aussi intéressant du "visiteurs", restera, lui, à questionner dans un autre travail. 

Uplust semble encore se chercher. Amateurs, semi-amateurs, semi-pro, professionnels, actrices porno ou encore photos plus artistiques que pornographiques, Uplust couvre une large gamme de contenu. 

Qui ?


Malgré le fait que le site soit une création française...sa fréquentation est internationale mais on remarque rapidement la présence d'une forte représentation de l'Amérique latine et centrale.

Mexique, Colombie, Argentine, Brésil, Chili ainsi que l'Espagne trustent les première place et confirment les observations faites au cours des différentes navigations (en plus foncé sur la carte représentant la répartition géographique des recherches).

Voici quelques exemples de comptes "latino"

On retrouve aussi un certain nombre de comptes anglo-saxons (américains, canadiens et anglais) et français.

En terme de proportion...les comptes féminins semblent (sont) plus nombreux que les comptes masculins. Tout comme le contenu hétérosexuel domine largement le contenu homosexuel. On retrouve aussi beaucoup de photos et de vidéos en solitaire que ce soit côté féminin ou masculin.

"Mon but, en fait, c’est de ne jamais dévoiler, ben… ma chatte. Voilà, jamais. Je ne veux pas". Neena Amber.

Amateurs, professionnels, exhibes, solitaires ou en couple, pornographique ou juste du nu, Uplust accueille une multitude de formes d'utilisateurs. Derrière la vitrine qu'Uplust peut-être pour certaines actrices notamment françaises telle que Carasaintgermain où des modèles plus latines comme nous l'avons vu plus haut, la plateforme laisse encore une grande place au tout à chacun.

Cet utilisateur amateur (qui a souvent cotôyé d'autre plateformes d'exhibes) garde souvent son anonymat, il prend des photos allant du nu ne montrant pas de sexe à la photo ne montrant que ça. Certains prennent des photos de couple, d'actes sexuels ou encore des vidéos de masturbations ou d'actes. Tout cela, sans jamais montrer leur visage. Ce contenu est le contenu majoritaire sur Uplust. Finalement, les comptes où les personnes sont identifiables sont les modèles qui font des photos, les professionnels du secteur ou certains amateurs. Ces amateurs prennent ainsi de nombreuses photos, sans sexe, mais au caractère sexy assumé. Entre l'exhibe et une forme de liberté sexuelle recherchée.

"C’est marrant de poster des photos à poil, avec la peur de se faire reconnaître. Tout le monde t’identifie, mais sans vraiment te connaître" Cannelle.

"Sans mentir… l’idée d’être exposée et de recevoir des compliments" Neena.

Mais au delà de cette peur qui fait que beaucoup gardent leur anonymat, il est intéressant de retrouver dans la plupart des interviews la notion de compliments et de reconnaissance de la part des autres internautes. Au delà d'un plaisir personnel, les amateurs postant cherchent une validation de leurs photos mais aussi de leurs corps. Sur ce point Hook22 dit : "En plus, la population de Pornostagram est en majorité très sympa. Tout le monde laisse des commentaires super gentils, des likes, et c’est appréciable" (A noter que les interviews datent de l'époque où le site s'appelait Pornostagram). Une forme de narcissisme relatif à l'exposition de soi est présente.

D'un autre côté dans les dires de ces utilisateurs, Uplust n'est pas une plateforme pour consommer du porno mais pour exposer le corps.

"Petit moins, il y a énormément d’hommes, les filles faut les trouver, c’est dommage. Mais bon, les photos qu’elles postent sont généralement assez jolies, ce n’est pas forcément vulgaire" Neena-Amber.

Un large contenu féminin tient effectivement d'une mise en scène du corps cachant le plus souvent le sexe. C'est pour cela que l'on peut parler d'une forme de recherche "artistique" ou tout du moins la recherche d'une proposition qui serait plus qu'une simple photo. Uplust devient alors une plateforme où les membres cherchent à proposer autre chose que du porno, autre chose qu'une vision négative de la nudité et du corps. Et c'est là que peuvent intervenir les filtres et outils d'édition proposés par le site.

Par ailleurs, les comptes féminins sont largement mis en avant par la rubrique "comptes à suivre" que propose Uplust. Les masculins sont, à l'observation, minoritaire et beaucoup plus "solitaire". 

Finalement, il en ressort alors qu'Uplust tient plus du réseau social sexy que porno. Le contenu pornographique est certes présent mais le contenu juste sexy prend une place prépondérante et contre-balance l'image purement sexuelle qu'Uplust pourrait dégager. A travers une valorisation de tout les contenus, il en ressort que beaucoup font ça par plaisir, pour se montrer, se dévoiler et mettre en scène un corps que les réseaux sociaux classiques tendent à cacher (avec une forme d'hypocrisie au vue des photos de Kim Kardashian disponibles). Uplust dispose d'une base d'amateurs solides publiant un nombre important de photo, de dédipic sexy et travaillés. La possibilité d'échanger, de complimenter et de partager ainsi que de liker, donnent à Uplust un plus indéniable par rapport aux réseaux plus classiques : l'interactivité. De plus, on observe une forme de bienveillance et de respect dans les échanges et commentaires des internautes. Une bienveillance qui vient confirmer la légèreté prôné par le site : corps, liberté et partage de tous, par tous et pour tous. 

Conclusion

Finalement, Uplust semble être bien plus qu'un Instagram du porno. Il semble d'abord être un réseau sexy où chacun peut se dévêtir et mettre en scène son corps. Même si les contenus plus pornographiques sont les plus likés et vues, la force d'Uplust se trouve dans sa base clairement amateure qui publie autant de contenu sexuel que sexy avec légèreté et interactivité. 

Bibliographie :


- Le Tag Parfait

http://www.letagparfait.com/fr/?s=pornostagram

http://www.letagparfait.com/fr/?s=uplust

- Les Inrocks

https://www.google.fr/webhp?sourceid=chrome-instant&ion=1&espv=2&ie=UTF-8#q=pornstudies

- Uplust

https://uplust.com/


Outils :

- Google Trends


Note :

Ce travail a été conçu en vue d'une concrétisation sur la plateforme Sway. Il peut être parfois utile de se référer au lien suivant : https://sway.com/uFBrg0vzt3BOnoib 

(pour plus d'interactivité, pour profiter d'images de meilleures qualités et de tous les hyperliens et citations au fil du texte).

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by mathieurajaoba

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Public - 5/6/16, 9:36 AM