Introduction

La sorcellerie est une figure extrêmement présente dans tous les arts visuels, et particulièrement au cinéma. Si elle est souvent utilisée, elle n’a toutefois pas toujours le même usage. Elle peut faire rire (Hocus Pocus, 1993), être synonyme de courage (Harry Potter) ou encore faire peur (La sorcière sanglante, 1964). Voyons comment cette figure a évolué au cours du temps.

L'ETRE DU MAL

L'ETRE DU MAL

La première utilisation de la figure de la sorcellerie est une figure négative et totalement déshumanisée.

En effet, on ne s'intéresse ni à son histoire ni à ce qu'elle peut ressentir. On a d'ailleurs souvent la sensation qu'elle ne ressent rien ou que de la haine (sans que l'on sache pourquoi).

Son rôle est souvent métaphorique puisqu'elle représente un ennemi commun indéfendable, qui permet de fédérer une population ou d'instaurer une morale.

Le Sabbat des Sorcières, Francisco de Goya, 1798


Ce tableau représente un rituel propre à la sorcellerie. Le grand bouc au milieu représente le diable ; malgré son caractère quasi-rassurant il est donc l'incarnation du mal.

Des sorcières (que des femmes) plus ou moins jeunes réalisent un rituel en donnant au bouc des enfants pour que ce dernier se nourrisse.

La scène se passe la nuit et des chauves-souris semblent voler en arrière-plan. Le but étant de créer une atmosphère glauque et appuyer le caractère secret et donc répréhensible des actes de sorcellerie.

Blanche Neige et les Sept Nains, 1938


Ce dessin animé, de David Hand, raconte l'histoire d'une princesse qui doit fuir le royaume car sa belle-mère (une sorcière) veut la tuer pour devenir la plus belle femme du royaume.

Ici, la sorcière est un être purement maléfique et vaniteux qui ne s'intéresse qu'aux valeurs superficielles.

Elle utilise la ruse et piège Blanche-Neige. Cette dernière, trop naïve, tombe dans le piège sans problème.

Ce dessin animé est clairement moralisateur : il explique aux jeunes filles qu'il ne faut pas laisser n'importe qui rentrer chez soi. La sorcière sert ici de métaphore pour les menaces extérieures et les prédateurs. 

Le dessin animé se sert d'un être considéré par tous comme abjecte pour mettre en garde les jeunes filles.

Ainsi, on ne cherche en aucun cas à comprendre la sorcière ou à s'intéresser à son histoire. La sorcière est déshumanisée pour que les jeunes filles comprennent mieux la morale de l'histoire.

La Sorcière sanglante est un film italien d'épouvante réalisé par Antonio Margheriti, sorti en 1964. Ce film raconte l’histoire d’une sorcière dont la mère est brûlée vive. Elle est tuée à son tour et prépare d’outre-tombe une vengeance froide et diabolique.

L’actrice principale, Barbara Steele, développe le thème de la sorcellerie et de l’ambivalence féminine (tout comme dans Le Masque du Démon de Mario Bava, sortit en 1960).

Il y a des références évidentes à la chasse aux sorcières. Or ce film sort seulement une décennie après la « peur rouge » aux États-Unis, souvent qualifié de Chasse aux sorcières contre le communisme.

Ici la sorcière représente le mal pur et la vengeance. Elle n'est synonyme que de mort et de douleur et est totalement dénué de sentiments positifs (joie, amour, ...).

HOCUS POCUS

1993

Hocus Pocus, film Américain réalisé par Kenny Ortega, raconte de façon absurde l’histoire de trois sorcières qui aspirent l’âme des enfants pour rester jeunes et belles. Alors que des villageois s’apprêtent à les pendre, elles jettent un sort qui leur permet de ressusciter quelques décennies plus tard. L’histoire se passe à Salem, ville ancestrale de l’histoire de la sorcellerie.

Si le ton de ce film est comique, les sorcières restent ici des êtres profondément mauvais, qui sont attachées au diable et ne se préoccupent que de leurs intérêts personnels, sans prendre en compte les conséquences pour les autres.

Ce film, qui s’adresse aux enfants et adolescents prend ainsi les sorcières pour représenter les tentations extérieures et le mal ; le but étant d’inculquer aux téléspectateurs une morale en se servant de personnages abjectes, un ennemi commun

à tous.


De plus, pour faire revenir le trio maléfiques, il fallait que quelqu’un de vierge allument une bougie particulière le soir d’Halloween. La volonté morale du film est donc également clairement exposée ici. Le sexe semble même ici rejoindre les tentations extérieures que les enfants doivent fuir à tout prix.

Anastasia, 1997


Ce long-métrage d’animation est réalisé par Don Bluth et Gary Goldman.

L'histoire se base sur la légende de la grande-duchesse Anastasia Nikolaïevna de Russie. Elle aurait fui l'assassinat des siens.

Dans le film, elle devient orpheline et ne se souvient pas de son passé royale. Des années plus tard, alors que la rumeur selon laquelle Anastasia serait toujours en vie circule, elle tombe par hasard sur un escroc qui veut la faire passer pour la disparue.

Le coup d'état dans lequel sont morts ses proches est ici réalisé par Raspoutine qui est un sorcier.

Il n'a aucune morale et vend même son âme pour pouvoir mener à bien son projet.

Quand il apprend que la vraie Anastasia va se présenter à la duchesse, il met tout en oeuvre pour la tuer pour affaiblir la famille Romanov.

Ici, Raspoutine est donc un personnage abjecte dont on ne connaît que sa soif de pouvoir.

Le Projet Blair Witch, 1999


Ce film d'épouvante, réalisé par Daniel Myrick raconte l'histoire de trois étudiants en cinéma qui réalisent un documentaire basé sur la légende d'une sorcière habitant dans la forêt de Blair. Il disparaissent pendant une nuit de tournage dans la forêt et la vidéo qu'ils ont tournée cette nuit-là est retrouvée un an plus tard.

Dans ce film, l'histoire semble se répéter puisque la scène finale rappelle un témoignage du début. En effet, la situation dans laquelle les étudiants meurent semble être la même que celle décrite lors d'un témoignage filmé au début du reportage.

Dans ce film, on ne sait pas si la sorcière existe réellement ou si un groupe de personnes exploitent l'histoire en attisant les curieux pour commettre des meurtres en série.

Ainsi, on ne s'intéresse pas du tout à la sorcière en elle-même mais plutôt à la frayeur qui s'en rapporte.

Cependant, ce film ne se sert pas de la sorcière pour transmettre des valeurs morales ou pour dénoncer un ennemi commun, contrairement à beaucoup de films qui utilisent la figure de la sorcellerie.

Le Monde de Narnia : le Lion, la Sorcière et l'Armoire Magique, 2005 


Ce film de Andrew Adamson raconte l'histoire d'une guerre entre le bien et le mal dans un univers parallèle, la mal étant représenté par la sorcière.

La sorcière ici ne semble ressentir aucune émotion, se fichant totalement de tuer si elle estime cela nécessaire.

Au début du film, elle manipule un jeune garçon en lui promettant ce qu'il désire pour l'attirer, dans le but de l'avoir de son côté et d'affaiblir l'autre camp.

Les personnages principaux de ce film sont 4 frères et sœurs qui ont tous moins de 18 ans. Ils représentent donc l'innocence et créent un fort contraste avec la sorcière.

Ce film est tiré d'un livre paru en 1950. On reconnaît tout d'abord la misogynie de l'époque au début du film qui est toutefois rapidement contre-balancée par le courage des filles. On constate surtout qu'au lendemain de la seconde guerre mondiale, la guerre livrée entre le bien et le mal est métaphorique de l'époque pendant laquelle ce livre a été écrit. Ainsi, la manipulation de la sorcière sur le jeune garçon pourrait presque servir d'explication aux nombre important de personnes fédérées par le nazisme quelques années plus tôt.

Il était une fois, 2007


Ce film de Kevin Lima raconte l'histoire d'une princesse de dessin animé qui arrive dans le monde réel à cause d'une sorcière (la belle-mère de son futur époux).

Ici, la sorcière est déshumanisée puisqu'on ne s'intéresse pas du tout à son histoire. On constate simplement qu'elle ne s'occupe que de ses propres intérêts puisqu'elle préfère rendre son beau-fils malheureux plutôt que de lui céder son trône.

De plus, elle a dupé son beau-fils toute sa vie : ce dernier est persuadé qu'elle l'aime et qu'elle ne pourrai jamais lui faire de mal. 

Elle ne semble rien ressentir et elle cherche simplement à rester au pouvoir.

Pour cela, elle n'hésite pas à manipuler tous les gens qui l'entoure et notamment son valet qui est amoureux d'elle, ce qu'elle utilise pour parvenir à ses fins.

Ainsi, la sorcellerie est ici synonyme de vanité et de soif de pouvoir.

Le Dernier Chasseur de Sorcières, 2015


Ce film, réalisé par Breck Eisner, raconte l'histoire d'un chasseur de sorcières qui doit chasser ces dernières dans un monde parallèle : celui des rêves.

Ainsi, les sorcières sont présentés comme des êtres vils et profondément mauvais, qui représente un ennemi commun à tous.

Cependant, pour accéder à ce monde, il doit faire appel à une sorcière qui accepte de coopérer avec lui.

Si le chasseur est au début extrêmement vigilant avec elle, il finit par se lier à la sorcière qui souhaite même l'aider à chasser ses semblables.


L'exception qui confirme la règle ?

C'est ce qui semble s'appliquer ici. En effet, si la sorcière aide le chasseur, elle se retourne contre son propre peuple, comme si elle avait su ouvrir les yeux et donc que son peuple était vraiment maléfique et méritait d'être éliminé totalement.

L'HUMANISATION DE LA SORCIERE

L'HUMANISATION DE LA SORCIERE

On assiste à partir d'une certaine époque à l'évolution de l'utilisation de la figure de la sorcellerie dans les arts visuels. En effet, on cherche à l'humaniser et à comprendre pourquoi elle est devenue ainsi, ce qui la pousse à agir de la sorte.

La sorcellerie représente souvent autre chose : le mal-être, la vengeance, la jalousie, ...

Kirikou, 1998


Kirikou, long-métrage d'animation de Michel Ocelot sorti en 1998, raconte l'histoire d'un enfant qui vient de naître et qui sauve la méchante sorcière du mal. Il tombe alors amoureux de cette dernière.

Ici, l'enfant représente l'être pur qui ne juge pas la sorcière sur ses faits ou son attitude mais tente de comprendre ce qui la pousse à agir ainsi.

Ce film est donc extrêmement moralisateur : le message étant d'apprendre à connaître les gens avant de les juger et d'aider ceux qui souffre. Kirikou en retire même des bénéfices puisqu'il tombe amoureux de la femme.

Ainsi, la sorcellerie ici représente le mal-être du personnage de la sorcière.

La sorcière est donc humanisée puisque c'est son mal-être qui la pousse à agir ainsi, sa méchanceté n'est en fait qu'une carapace qui la protège du monde extérieur et de ses potentiels souffrances. On découvre à la fin une femme douce qui veut se racheter et qui va devoir apprendre à vivre avec ses erreurs du passé.

Harry Potter et Le Prince de Sang-Mêlé, 2009


Ce film, réalisé par David Yates, est le sixième volet de la saga inspirée des livres de J.K. Rowling.

Dans ce film, Harry passe du temps avec le directeur de son école, Dumbledore, pour essayer d'en apprendre le plus sur l'ennemi commun de la saga : Voldemort.

De ce fait, on apprend des informations sur son passé, son enfance. On apprend ainsi à le connaître et on sait ce qu'il a traversé.

Le personnage est ainsi humanisé puisqu'on cherche à connaître son histoire pour savoir comment il en est arrivé là.

Toutefois, le personnage reste abjecte malgré ce que l'on apprend sur lui. D'autant plus que son histoire est assez similaire à celle d'Harry sur plusieurs points mais que ce dernier a choisi le bien malgré une lutte constante pour empêcher ses mauvais côtés de prendre le dessus.

Dark Shadows, 2012


Ce film de Tim Burton met en scène une bataille entre deux personnages fictifs : un vampire et une sorcière.

Tout le long du film, la sorcière est un personnage abjecte qui semble s'acharner contre le vampire et sa famille.

Cependant, on sait pourquoi elle agit ainsi : cela est dû à son cœur brisé par le vampire lorsqu'elle était plus jeune. C'est d'ailleurs à cause d'elle qu'il est devenu vampire.

Ainsi, il s'agit, sur un ton comique, d'une histoire de vengeance qui part trop loin.

Ainsi, la sorcière est humanisée puisque ses actes ont une cause et un but.

Toutefois, si on constate qu'elle a des sentiments humains et que l'on comprend ses actes, ils restent tout de même exagérés et la sorcière est un mauvais personnage, contrairement à beaucoup de films où la sorcière est humanisée et où l'on parvient à la pardonner. Ici, la sorcière meurt à la fin et nous ne sommes pas triste. 

On la considère comme un personnage humain certes mais toujours mauvais et vaniteux.

Maléfique, 2014


Maléfique, réalisé par Robert Stromberg, raconte l’histoire de la méchante sorcière de La Belle Au Bois Dormant. Cependant, dans cette version, on découvre Maléfique sous un autre jour. En effet, si le conte original la présentait uniquement comme une méchante sorcière sans cœur et sans conscience, ce film donne les raisons de son agressivité et sa colère.


En effet, Maléfique est en colère et devient aigri car l’homme qu’elle aimait l’ trahi et lui a coupé les ailes pour pouvoir accéder au trône. C’est pourquoi elle veut se venger sur son enfant. Toutefois, lorsque l’enfant grandit, Maléfique apprend à la connaître et se prend d’affection pour elle. Elle la sauvera alors de sa propre malédiction en lui donnant un baiser d'amour sincère.


Ce film montre l’évolution de l’image de la sorcellerie dans les arts visuels puisque il semble justifier la colère de la sorcière contrairement au long-métrage d’animation sorti en 1959 qui cherchait simplement incarner le mal pur par le biais de la sorcière (dans un but moralisateur).

POUVOIR SYNONYME DE COURAGE

POUVOIR SYNONYME DE COURAGE

On voit de plus en plus dans les arts visuels l'utilisation de la sorcellerie comme une manifestation de la bravoure. En effet, les personnages doués de sorcellerie apparaissent souvent comme des élus qui doivent réaliser une mission.

Là encore, la sorcellerie est souvent utilisée comme métaphore ou comme outils pour transmettre des valeurs morales. Cependant, la plupart du temps, les sorciers/ères ne représentent plus des emenis communs mais ils incarnent les valeurs morales défendues.

Ma Sorcière Bien-Aimée

1964 - 1972

La série Ma sorcière bien-aimée, diffuséE de 1964 à 1972 sur la chaîne ABC, a été créée par Sol Saks.

Elle raconte l’histoire d’une sorcière qui épouse un mortel et de leurs péripéties avec la sorcellerie.

Dans cette série, la vision de la femme est profondément misogyne. En effet, Samantha (le personnage principal) ne travaille pas et son mari lui interdit formellement de pratiquer la sorcellerie. Si cela paraît être en effet indispensable pour des raisons évidentes, le lien entre mari et femme semble clairement être basé sur la domination du mari sur son épouse

Cependant, la série réussit à casser les codes car même si Samantha veut obéir à son mari, elle est souvent obligée d’avoir recours à la magie et semble mener la danse. Ainsi, Jean-Pierre (son mari), la suit et subit toutes les péripéties liées au pouvoir de sa femme.


Ici, la sorcellerie est donc utilisée comme issue de secours au machisme de l’époque. Elle est bien-sûr utilisée comme métaphore et permet de conseiller aux femmes de s’affirmer et de leur montrer qu’elles ont autant de droits que les hommes.

Ma Sorcière Bien-Aimée, 2005


Ce film de Nora Ephron rend hommage à la série du même nom. En effet, dans ce film, des producteurs veulent refaire la série et ils engagent sans le savoir une vraie sorcière pour jouer le rôle de Samantha.

Au début du film, le personnage principal souhaite devenir normale et décide ainsi d'arrêter de se servir de ses pouvoirs. Mais c'était sans compter sur des situations impossibles dans lesquelles elle n'a d'autres choix que de se servir de ses pouvoirs.

Elle mène donc tout au long du film une lutte contre elle-même : faire les choses dans les règles de l'art ou tricher en utilisant la magie.

La femme ici est clairement en position de force dans le couple puisque si elle choisit de tricher, l'homme (mortel) n'y pourra rien et elle pourra le manipuler totalement.

Cependant, elle décide de ne pas se servir de ses pouvoirs pour le séduire et de lui révéler sa véritable identité. Elle prend ainsi le risque qu'il la rejette à cause de sa vraie nature.


Cependant, nous n'assistons pas à une lutte contre la misogynie comme dans la série.

Harry Potter à l'école des sorciers

2001


Harry Potter à l’école des sorciers est un film réalisé par Chris Colombus en 2001. Il s’agit du premier film de la saga à succès planétaire.

Dans ce film, la magie n’est pas nécessairement affiliée au mal puisque il y a une distinction entre magie blanche (qui sert à faire le bien) et magie noire (destructrice).

Harry est un sorcier mais le personnage est synonyme de courage, de valeurs morales et d’intelligence. Ainsi, la magie joue ici un rôle d'outil qu'il faut manipuler avec attention.

Elle apporte une dimension fantastique et positive au film, puisque on voit que la magie est utilisée pour faire le bien.

Toutefois, le film utilise le personnage de Voldemort pour montrer qu'il ne faut pas laisser le pouvoir entre de mauvaises mains. Admettons que la sorcellerie représente ici l'argent. La morale du fiilm serait alors de faire attention à l'utilisation que l'on en fait et de ne pas le laisser entre les mains de n'importe qui.

Dans les épisodes suivants de la saga, le personnage principal est souvent partagé entre le bien et le mal mais parvient toujours à résister à la tentation et à prendre la décision la plus juste et la plus honnête. Reprenons la métaphore de l’argent ici. Ce n’est pas parce que l’on en a beaucoup qu’il faut que cela nous monte à la tête et que l’on fasse n’importe quoi avec. 

Harry Potter est donc une saga très moralisatrice.

The Secret Circle, 2011


Cette série, créée par Elizabeth Craft et Sarah Fain, raconte l'histoire d'une jeune fille qui a perdu ses deux parents et doit aller s'installer chez sa grand-mère.

Elle découvre alors qu'elle est une sorcière et qu'elle fait partie d'un cercle secret, dont sa mère faisait également partie.

Si au début cela lui fait peur, elle deveint vite leader du groupe qui était pourtant déjà formé avant son arrivée.

Elle se découvre alors des forces et un courage qu'elle ne se connaissait pas.


Cependant, pendant toute la saison, le personnage livre un combat intérieur entre le bien et le mal. La série a ainsi des valeurs moralisatrice puisque le message est de résister aux tentations extérieures et de ne pas faire des choses si on est susceptible de le regretter par la suite.

Sublimes Créatures, 2013


Ce film, réalisé par Richard LaGravenese, raconte l'histoire d'une jeune sorcière qui tombe amoureuse d'un de ses camarades de classe. Cependant, elle a la sensation que ses jours sont comptés puisque le jour de son seizième anniversaire, elle connaîtra sa vraie nature et saura si elle destinée à l'ombre ou à la lumière.

De ce fait, elle souhaite protéger le garçon dont elle est amoureuse et ne pas le laisser s'attacher trop à elle alors qu'elle ne connaît pas son avenir.

Ainsi, elle lui jette un sort pour qu'il l'oublie. En faisant cela, elle se punit aussi puisqu'ils étaient amoureux l'un de l'autre et qu'elle doit ainsi le laisser partir sans même qu'il se rende compte qu'il lui a même déjà parlé.

Elle soit donc faire preuve d'un grand courage pour faire cela, même si ce n'est pas le genre de courage qu'on retrouve généralement dans les films de sorcellerie où les personnages doivent généralement effectuer une mission ou sauver le monde. 

L'ELEMENT DECLENCHEUR

L'ELEMENT DECLENCHEUR

Dans cette utilisation de la sorcellerie, le sorcier n'est pas le centre de l'histoire. En effet, il s'agît du personnage sans qui rien ne serait possible mais qui est très secondaire finalement.


En général, le sorcier jette un sort au personnage principal pour lui apprendre une leçon et le faire évoluer.

Ainsi, on le prend au début pour un personnage abjecte ou mauvais qui ruine la vie du personnage principal mais qui en fait l'améliore nettement.


Il peut aussi être réellement mauvais mais dans tous les cas il influe fortement le personnage principal et l'histoire.

Le vol des sorcières, Francesco de Goya, 1798


Goya cherche peut-être à faire une critique du peuple superstitieux, le comparant à l'âne patient qui continue à manger ignorant ce qu'il se passe.

Cependant, il ne parle pas seulement de la sorcellerie mais de la superstition et de l'ignorance en général puisque les chapeaux à deux points des sorciers évoque aussi des pratiques religieuses.

Ainsi, Goya porte ici une crotique de la société où les gens critiquent et prennent peur sans même savoir de quoi ils parlent.


Les Trois Sorcières de Macbeth, Alexandre-Marie Colin, 1827


Ce tableau représente les trois sorcières de la pièces Macbeth de Shakespeare.

Dans cette pièce, les trois sorcières font deux prédictions ambiguës qui poussent le personnage de Macbeth à commettre plusieurs meurtres.

Ainsi, ce ne sont pas des personnages principaux, on ne connaît quasiment rien de ces trois femmes mais elles sont presque au centre de l'histoire puisque toute l'histoire part de leurs prédictions.

De ce fait, elles ne représentent ni le mal ni le bien, même si elles poussent Macbeth a commettre des meurtres.

On peut toutefois y voir une morale : il ne faut pas chercher à s'avancer sur l'avenir mais vivre le moment présent en respectant ses propres valeurs morales.

En effet, Macbeth pense déjouer l'avenir en tuant les personnes qui lui pose problème mais il finit par se faire assassiner à son tour.

Cendrillon, 

1950

Ce long-métrage d'animation, réalisé par Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske, s'inspire du conte de Charles Perrault.

C'est l'histoire d'une jeune fille qui perd ses deux parents et doit donc vivre avec sa belle-mères et ses demi-sœurs qui la maltraitent.

Un soir, le prince organise un bal pour trouver une femme. Alors que Cendrillon était censée y aller, sa belle-mère s'y oppose au dernier moment. 


C'est là qu'intervient sa bonne fée, un personnage qui casse les codes de la sorcellerie habituels puisqu'elle souhaite rétablir la justice.

Elle permet donc à Cendrillon de se rendre au bal et de rencontrer le Prince Charmant qui tombe amoureux d'elle et la sauve des griffes de sa belle-famille.

La bonne fée est donc un personnage dont on ne sait rien mais qui permet à Cendrillon de trouver l'amour et de changer radicalement de vie puisque cette dernière devient princesse.

Sleepy Hollow, 2000


Ce film, réalisé par Tim Burton, est inspiré d'une nouvelle de Washington Irving. L'histoire se passe en 1799, c'est l'histoire d'un cavalier sans tête qui tue en série et est contrôlé par celui qui lui a volé sa tête.

Un inspecteur est chargé de mener l'enquête dans la ville de Sleepy Hollow. S'il refuse au début de croire à la légende, il est forcé d'accepter l'évidence lorsqu'il se retrouve face au cavalier.

On apprend à la fin du film que c'est la mère de sa prétendante qui est la sorcière qui contrôle le cavalier.

Ainsi, on n'apprend qu'à la fin ses motivations et on ne s'intéresse pas particulièrement à son histoire. Elle sert simplement d'outils pour monter l'intrigue du film.

De ce fait, elle parvient à être à la fois l'élément déclencheur, la chute et un personnage assez secondaire finalement.

Cependant, la révélation de l'identité de la sorcière est un moment important du film.

17 ans encore, 2009


Ce film, réalisé par Burr Steers, raconte l'histoire d'un quarantenaire qui estime avoir raté sa chance dans la vie. En effet, il passe à côté de promotions, est en train de divorcer et ses enfants ne lui parlent quasiment plus.

Il avait des rêves étant jeunes et n'ayant pas réussi à les réaliser, il est devenu aigri et auto-centré.

Alors qu'il se remémore sa jeunesse dorée, il croise un personnage que l'on appelle le gardien pendant tout le film. Le gardien lui jette un sort : il a 17 ans à nouveau mais à l'époque actuelle. Il va alors au lycée et côtoie ses enfants et apprend vraiment à les connaître. Par ce biais, il se rapproche aussi de son ex-femme.

Il réalise alors qu'il avait une vie parfaite et qu'il se plaignait d'aise. On voit le personnage évoluer tout le long du film pour grandir et ouvrir les yeux sur sa vie.

Dans ce film, le gardien n'est pas un personnage principal, on ne parle quasiment pas de lui. Il sert simplement d'élément déclencheur à l'histoire. Il est un outil indispensable mais il reste un simple outil.

Sortilège, 2011


Ce film de Daniel Barnz raconte l'histoire d'un jeune homme riche, beau et arrogant qui ne se préoccupe que de sa personne. Une sorcière lui jette un sort pour qu'il devienne aussi repoussant de l'extérieur que ce qu'il est à l'intérieur. Il a alors un an pour trouver quelqu'un qui l'aime pour ce qu'il est réellement et non pour son apparence ; ou il gardera cette apparence toute sa vie.

Pendant cette année dans un autre corps, il devient plus attentif aux autres, plus compréhensif. En somme, il change pour devenir une meilleur personne et cesse de se cacher derrière son physique de Don Juan pour dévoiler sa vraie nature.

En dehors de la morale évidente de ne pas se fier aux apparences et de s'intéresser aux autres, on observe ici le rôle ambiguë de la sorcière.

En effet, si au début on la considère comme sans cœur et injuste, elle aide finalement le personnage principal à devenir meilleur et à s'ouvrir au monde qui l'entoure.

De ce fait, la sorcière semble presque jouer ici le rôle de bonne fée en aidant le personnage principal non seulement à changer sa vision du monde mais aussi

 à trouver l'amour.

Witches of East End, 2013-2016


Cette série, créée par Maggie Friedman, raconte l'histoire d'une famille de sorcières maudite.

En effet, la mère est immortelle et est condamnée à voir mourir ses enfants et à leur redonner la vie éternellement, sauf que ce ne sont jamais tout à fait les mêmes personnes puisqu'elles vivent dans des contextes différents.

La série se passe à l'époque actuelle. La mère avait décidé de ne pas dire à ses filles qu'elles étaient des sorcières pour qu'elles réussissent à avoir une fille normale.

Cependant, elles finissent par l'apprendre et si leur vie ne change pas du tout au tout, elles prennent conscience de qui elles sont. De ce fait, elles parviennent à savoir ce qu'elles veulent dans la vie et à assumer leurs choix.

Ainsi, la sorcellerie joue ici le rôle de révélateur, d'élément déclencheur dans la quête de soi-même.

Conclusion

On constate que la sorcellerie est principalement représentée par des femmes. C'est souvent la belle-mère qui joue la sorcière maléfique (plus particulièrement dans les dessins animés).


Les personnages capables de sorcellerie sont souvent là pour imposer une morale, que ce soit en les combattant ou en s'inspirant de leurs valeurs.


Enfin, les films humanisent de plus en plus les 

sorciers/ères comme s'il fallait trouver une raison à la méchanceté des personnages. On assiste d'ailleurs de plus en plus à un retournement de situation avec des personnages qui décident finalement d'opter pour le bien.

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La sorcellerie dans les arts visuels

by banou7

39 views

Public - 4/12/16, 7:35 PM