Les épreuves caloriques

1. BREF HISTORIQUE

2. DESCRIPTION

Il existe plusieurs protocoles d’épreuves. 


Le plus couramment utilisé par les ORL est l’épreuve bicalorique calibrée biaurale alternée ou épreuve d’Hallpike.


Bicalorique 

on utilise de l’eau froide (30°c) et de l’eau chaude (44°c)


Biaurale

on stimule les deux oreilles


Alternée 

on stimule une oreille après l’autre (s’oppose à l’épreuve biaurale simultanée)

Ces nystagmus sont observés et analysés par vidéonystagmographie, jusqu’à l’extinction nystagmique. 


Le sujet est donc strictement dans l’obscurité, sans aucune possibilité de fixation.


Eau chaude oreille droite : courant ampullipète > nystagmus horizontaux droits (excitation)

Eau froide oreille droite : courant ampullifuge > nystagmus horizontaux gauches (inhibition)

Eau chaude oreille gauche : courant ampullipète > nystagmus horizontaux gauches (excitation)

Eau froide oreille gauche : courant ampullifuge > nystagmus horizontaux droits (inhibition)

3. INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS DE L'ÉPREUVE CALORIQUE

En reliant les 2 points de culmination eau chaude on construit la droite eau chaude ; avec les 2 points de culmination eau froide, la droite eau froide. 


Le point de jonction de ces 2 droites doit se faire, pour un examen normal, au centre du diagramme. 


Si ce point de jonction se décale ver la droite ou la gauche (axe des abscisses) ce décalage détermine une hypovalence ou déficit (comparaison entre oreille droite et oreille gauche), 

s’il se décale vers le haut ou le bas (axe des ordonnées) il détermine une prépondérance directionnelle (comparaison entre nystagmus droits et nystagmus gauches). 


On peut observer les deux en cas de déficit non compensé, un déficit sans prépondérance si celui-ci est compensé, rarement une prépondérance sans déficit.


La somme arithmétique des deux valeurs eau chaude et eau froide d’une oreille nous donne sa réflectivité : ici 73°/s pour l’oreille droite et 67,9°/s pour l’oreille gauche.


Lorsqu’il existe un nystagmus spontané il apparait sur le graphe de Freyss sous la forme d’une ligne noire placée au-dessus ou en dessous du 0.0 selon qu’il est droit ou gauche.

La prépondérance relative est de peu d’intérêt car très biaisée, elle s’exprime en pourcentage.


La prépondérance absolue qui nous intéresse s’exprime en degrés/sec, 

elle est calculée selon la formule :

[(ND1 Х ND2)-(NG1 Х NG2) ] / (ND1+ND2)+(NG1+NG2) 

 norme : < 2°/s


Le déficit ou hypovalence s’exprime en pourcentage selon la formule :

[(ND1+NG2)-(NG1+ND2) / (ND1+NG2)+(NG1+ND2)] Х100 

 norme : < 15%

4. REMARQUES A PROPOS DE L'ÉPREUVE CALORIQUE

LES " + "

L’épreuve calorique a été pendant près d’un siècle le seul moyen de tester une oreille interne indépendamment de l’autre, toutes les épreuves cinétiques testant un couple de canaux (généralement les latéraux) selon le principe du push-pull, un canal est excité lorsque le canal controlatéral est inhibé, selon le sens de rotation. Cependant et depuis quelques années il est possible de tester aux hautes fréquences (4 Hz) les six canaux indépendamment les uns des autres grâce au VHIT qui sera développé dans votre 2ème module.


Mais ce test reste pertinent car on rencontre fréquemment des vestibules pouvant être hyporéflectiques ou aréflectiques aux basses fréquences et normoréflectiques aux hautes fréquences, et inversement.

LES " - "

L’épreuve calorique est dispendieuse en temps, elle dure en moyenne 35 minutes, ce qui explique qu’elle est assez souvent pratiquée uniquement à l’eau froide (épreuve monothermique). Certains utilisent de l’air chaud et froid ce qui rend la réalisation plus simple, mais la conduction thermique est de moins bonne qualité.


Cet examen ne permet d’investiguer que le canal externe ; lorsqu’on parle d’hypo ou d’aréflexie à l’épreuve calorique il ne faut pas oublier que celles-ci ne concernent que le canal latéral et n’engagent pas le pronostic fonctionnel des autres canaux. Si l’on veut investiguer le canal antérieur, on fera relever et incliner de 30° vers l’avant la tête du patient en fin d’épreuve, les canaux antérieurs étant alors placés dans un plan vertical ; le canal antérieur aura eu alors le temps d’être réchauffé ou refroidi, et on analysera les nystagmus verticaux. Les canaux postérieurs ne peuvent pas être investigués.


La conduction thermique osseuse peut varier entre oreille droite et oreille gauche, le stimulus thermique peut donc ne pas être parfaitement symétrique et ainsi biaiser les résultats.


Enfin le vestibule est ici testé à très basse fréquence, 0,003 Hz ; cette fréquence n’est absolument pas physiologique, imaginez que cela correspondrait à mouvement de rotation de tête sur 180° que vous réaliseriez en 3 minutes . . . ceci signifie donc qu’une aréflexie d’un canal latéral à l’épreuve calorique ne préjuge pas de la réflectivité du même canal sur des fréquences physiologiques plus élevées.

LES " ? "

Les épreuves caloriques réalisées à bord des stations spatiales habitées ont montré des résultats similaires à ceux obtenus sur terre ; il apparait donc que la microgravité n’a pas d’effet sur ces résultats et cela remet donc fâcheusement en cause la théorie du flux endolymphatique ampullifuge au froid et ampullipète au chaud ; peut-être s’agirait-il plutôt d’une hyperexcitabilité (chaud) ou hypoexcitabilité (froid) des cellules ciliées ou des neurones transmetteurs.

PROCHAIN SOUS-MODULE: LES ÉPREUVES CINÉTIQUES !

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by hugomarechal

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Unlisted - 10/18/16, 7:30 AM